Etudions ensemble le Yangjia Michuan Taijiquan
Yen-nien Daoguan
Notre école/Daoguan
Boutique Yen-nien
L’histoire du Taijiquan
Nos classes
Elaboration du Curriculum, programmation des leçons, soutien pédagogique
L'école d'alchimie interne de la Montagne d'Or
文章

Un temps pour tout

Par Fleur de jade

Copyright © 2006 Yen-nien Daoguan. Tous droits réservés.

 

Il n’y a que quelques temps que j’ai commencé l’étude du taijiquan donc, loin de moi est l’idée de vouloir faire part de mes propres et incertaines expériences sur le sujet.

Cependant, si je prends la plume aujourd’hui, c’est parce que je viens de comprendre quelque chose qui s’est passé dans ma vie il y a 20 ans et que j’aimerais vous faire partager.

 

Oui, j’avais 20 ans quand j’ai commencé mes premières compétitions dans la discipline que je pratiquais. J’étais fière d’évoluer dans cet art martial, où tout le monde prônait le respect et le self-control. Je me suis entrainée sans relâche pendant des années pour conserver les titres que j’avais acquis, les honneurs, les premières pages des journaux. Quand on me présentait on ne mentionnait pas mon nom, on disait  « c’est la championne, c’est celle qui a gagné ». Et j’étais fière. Tout le monde dans mon milieu martial me connaissait, tout le monde me tirait sa révérence quand je passais. Je tapissais les murs de ma chambre avec les médailles que j’avais remportées et mes bibelots étaient des coupes de toutes tailles et de toutes sortes.

 

Aujourd’hui, j’ai 40 ans et je me souviens. D’abord et surtout je me souviens de toutes ces heures d’entrainement pour préparer les compétitions, quelques fois même la nuit, tous ces sacrifices, toutes ces larmes pour aller de plus en plus loin, pour repousser les limites, pour dépasser tout le monde, pour être la meilleure. Avec du recul je me pose la question : « Pourquoi as-tu fais tout cela ? » « Avais-tu vraiment besoin de faire cela ? ». Et les réponses apparaissent dans ma tête sans une once d’hésitation : « Oui, tu avais 20 ans et tu voulais exister », « oui, tu avais 20 ans et tu voulais que les regards soient portés sur toi », « Oui, tu voulais gagner, être la meilleure et tu voulais que cela se sache». 

 

Je me souviens de ma première compétition où j’ai terminé deuxième du classement. Pourtant, j’estimais avoir été la meilleure, j’en voulais aux arbitres qui n’avaient pas vu les points que j’avais marqués, j’en voulais à  mon adversaire qui avait forcément eu beaucoup de chance et qui ne méritait pas cette première place …

 

 était l’esprit martial à  ce moment là ?

Cependant, je peux dire avec certitude que la compétition m’a apporté, il est vrai, de réelles périodes de plaisirs indéfinissables mais uniquement parce que j’ai eu la chance de gagner souvent. La question que je me pose aujourd’hui est « qu’ai-je gagné ? ». Une médaille dorée autour du cou ? Une place sur la plus haute marche d’un podium ? Un nom sur un journal ? Un semblant de notoriété ?

La seule chose que j’ai gagné à mon avis, c’est de savoir aujourd’hui que ce n’est pas en remportant une compétition, régionale, nationale ou internationale qu’une vie sera meilleure et que je n’avais pas besoin de prouver à  qui que se soit que j’existais, si ce n’est à des gens que je n’ai rencontré que de par le fait de ma notoriété et qui se sont détournés de moi dès que mon nom n’apparut plus nulle part. Il existe encore hélas aujourd’hui et dans tous les milieux ce genre de « spécimens » qui tirent profit des personnes ou des situations dans le seul but de marquer des points et de se mettre sur le devant de la scène, en prenant bien soin de placer un « bouclier » devant eux et en se cachant  derrière en cas de « coups durs ». Ces gens là ne sauront jamais ce que c’est que « l’esprit martial » et ne connaitront jamais la paix intérieure. Leur période de « gloire » sera de courte durée, le temps pour eux d’être démasqué.

 

Les personnes qui m’appréciaient  sans ces titres sont les gens qui sont à  mes côtés aujourd’hui, ceux qui sont là, tout près de moi ou à des milliers de kilomètres, ceux qui ont toujours été là, et c’est ça, la vraie richesse, la vraie victoire.

Je ne regrette pas ce que j’ai fait, j’avais 20 ans et j’ai fait ce que ma jeunesse et mes impulsions du moment m’ont dicté de faire. Mais, avec l’expérience que j’en ai tirée, si je pouvais revenir à  cet âge où j’avais choisis la voix de la compétition et si on me demandait : « Alors, tu es prête pour la prochaine compétition ? » Je répondrais avec une grande fierté : « NON, je ne suis pas prête ».

 

Si j’ai écrit ce texte, ce n’est pas pour dire qu’il ne faut pas faire de compétitions. Si j’ai écrit ce texte, c’est pour mettre l’accent sur le fait  qu’une compétition doit rester « à sa place » c'est-à-dire un événement, un rassemblement de gens qui viennent dans le seul but de se faire plaisir et de rencontrer d’autres pratiquants. Le classement importe peu. Le premier aurait pu être le deuxième et s’il n’y avait pas eu au moins deux compétiteurs, il n’y aurait eu ni premier, ni deuxième. La vraie notoriété, la vraie victoire, ce n’est pas d’avoir son nom en tête d’une liste mais c’est d’être apprécié pour ce que l’on est, pour ce que l’on fait, à  chaque instant de sa vie.

Menus principaux
Collection: Articles Wang Yen-nien

YEN-NIEN  DAOGUAN  2F  32  FUGUO  RD.,  SHILIN, TAIPEI  11158 

TEL : (02)2837-1779  (02)2836-6923  FAX : (02)2837-2258   E-MAIL: ymtitaipei@yahoo.com

System Install:Ou, Yi-Lung | Web Administrator:Du yu

YMTI (Powered by XOOPS)