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CONCEPTS IMPORTANTS SUR LE TUISHOU

 

TECHNIQUES DE BASE, TECHNIQUES DE MAINS ET TECHNIQUES DE PAS ;

TECHNIQUES DE BASE POUR LIBERER L’ENERGIE ABSORBEE

 Par Maître Wang Yen Nien

Traduction française Du Yu © 2006 Yen-nien Daoguan

 

 

INTRODUCTION

 

         Le Tui Shou est le plus haut degré de pratique des Arts Martiaux.

Si vous pratiquez au point de « donner ses premiers signes de clarté au fourneau de préparation de l’élixir de vie, au point de dépasser les contingences matérielles et d’atteindre l’éveilª », alors vous pouvez sans effort libérer l’énergie avec la certitude que votre partenaire demeurera sain et sauf.

Dans le monde des arts Martiaux, ceci atteint est la démonstration du plus haut niveau de conduite morale.

Demeurant dans ce domaine impalpable, le Tui Shou devient l’Art Martial sans doute le plus obscur à maitriser.

 

 

I – CONCEPTS IMPORTANTS SUR LE TUI SHOU (1-6)

 

I - 1 SONG (1¨): Relâchement.

Il faut être relâché jusqu'à ce que le corps soit vide de toute tension musculaire. La pensée, elle, reste vive. Si l’esprit est vif, mais le corps n’est ni souple ni relâché, on ne peut dépasser les limites imposées par la force externe et physique.

I - 2  ROU (3) : Douceur et souplesse.

Tout le corps (muscles et articulations) ne doit être ni tendu ni contracté. Par ce relâchement, les systèmes musculaires, tendineux et sanguins peuvent respirer et circuler librement, efficacement, avec fluidité, sans dépense inconsidérée d’énergie. Ainsi, tout notre corps demeure souple, plein de ressort, et rebondit.

 

I – 3 YUAN (2) : Rondeur.

Des pieds à la tête, chaque articulation doit être en mouvement par action circulaire. Lorsque le corps est capable d’exprimer ce principe des ondes entrainées par répercussions spontanées, alors, il est possible de voir un mouvement fluide au courant ininterrompu.

 

I – 4 QI (4) : Force vitale.

Le QI, dans la pratique du Taijiquan et du Tui Shou, assorti à une technique daoïste, utilise l’art du « Daoyin ».

Le Yi (la pensée) guide le QI vers les organes internes, vers le Dantian (« Champ de Cinabre ») et dans tout le corps, il se transforme et s’exprime par la libération de l’énergie. Par cette pratique, la force interne se développe sans effort inapproprié et avec naturel.

Le QI  gouverne le Taijiquan et dirige l’énergie interne. Il est en perpétuel mouvement, à l’état tranquille comme dans l’action, et cela dans tout le corps.

 

I – 5 CHEN (2) : Enraciner.

Lorsque le QI est absorbé, il n’est pas suffisant de le guider jusqu’au Dantian, il faut le faire descendre jusqu'à la plante des pieds afin qu’il pénètre et prenne racine au point appelé « YUNG (3) QUAN (2) » ou « Source Jaillissante ».

Si le QI a suivi cette route, le corps est stable, fermement enraciné et ainsi le haut du corps est libre de se relâcher totalement. Il est alors possible de développer l’élasticité et le rebond du corps, et de ce fait l’énergie absorbée rebondit avec force et ressort.

 

I – 6 QING (1) : Leger et Doux.  -  LING (2) : Agile et Vif.

Les classiques du Taijiquan disent : « Ne pas y poser plus que le poids d’une plume; comme la mouche n’y trouverait pas l’aplomb pour l’envol». Ce qui signifie que lorsque l’on pratique à deux, on ne pose pas même l’équivalent du poids d’une plume, et de la même manière, lorsque l’on reçoit la force du partenaire, on ne donne pas plus de resistance que la mouche n’en aurait besoin pour s’envoler.

Cette aptitude nécessite agilité, rapidité et écoute. Au contraire, celui qui utilise une force dure perd toute son efficacité et demeure mou, lent et sans ressort. Laisser agir une force physique trop rude et trop violente empêche la légèreté, la douceur ou l’agilité. Alors qu’agiles et vifs, les mouvements deviennent libres, souples et naturels et franchissent aisément tous les obstacles.

 

II – TECHNIQUES INDISPENSABLES. (1-7)

 

II – 1 DONG (3JIN (4) : Capacité de distinguer les divers types d’énergie.

Les Textes Classiques du Taijiquan disent : « Si tu te connais et si tu connais ton partenaire, alors tu seras vainqueur de toutes les batailles ».

Dans le Tui Shou, cela se traduit par le fait que l’on comprenne mieux son partenaire que lui ne nous comprenne. Cela implique la compréhension de la pensée du partenaire (l’écoute) autant que celle de son corps.

Cette aptitude est la capacité de distinction des énergies.

Lorsque cette faculté a commencé son développement, elle s’améliore progressivement avec la pratique. De cette façon, il devient aisé de comprendre parfaitement tous ses partenaires. Elle permet en outre de trouver invariablement le « Centre » de chaque partenaire.

Lorsque l’on prend conscience de cette nouvelle intelligence, on entre dans le domaine d’une plus« subtile compréhension ».

 

II – 2 JIE (1)  JIN (4) : Recevoir – Adhérer.

C’est la capacité de s’emparer de la force du partenaire, de la capturer, de la guider, puis de la renvoyer.

C’est en apprenant à conduire et à coller à l’énergie, en l’entraînant dans le vide, que la force du partenaire devient inefficace. En guidant simultanément le partenaire dans une position où il ne peut plus adhérer aux énergies exprimées. Cette situation le déstabilise facilement.

 

II – 3 HUA (3)   JIN (4).

C’est la capacité de saisir l’énergie destructive et de la rendre infructueuse. Cela donne au partenaire l’impression, non seulement d’être incapable d’utiliser sa force, mais aussi de n’avoir aucune opportunité de s’en servir.

 

II – 4 FA (1) JIN (4)

C’est la capacité de libérer la force interne sans effort en repoussant le partenaire sans perte d’énergie : reflet de notre force interne.

 

II – 5 DING (4) JIN (4): Enraciner.

Cela englobe : DONG JIN, JIE JIN, HUA JIN, et FA JIN.

Ces quatre types d’énergies devraient être utilisées et travaillées ensemble comme techniques d’entraînement jusqu'à ce qu’elles se soient améliorées et « donnent leurs premiers signes de clarté au fourneau de préparation de l’élixir de vie, au point de dépasser les contingences matérielles et d’atteindre l’éveiª». Cependant, si malgré la pratique, l’amélioration n’est pas aisée et rapide, DING JIN devient résistance et offre ainsi au partenaire l’opportunité d’utiliser cette force dure pour l’emporter.

 

II – 6 BA (1FA (3) : Les huit techniques de mains.

C’est la capacité d’utiliser les huit techniques de mains : PENG, LU, AN, JI, CAI, LIE, ZHOU, KAO.

 

II – 7 WU (3BU (4) : Les cinq techniques de pas.

C’est la capacité d’utiliser les cinq techniques de pas : Avancer, Reculer, Tourner à  gauche, Tourner à droite, Enraciner en restant au centre.

III – TECHNIQUES DE BASE POUR LIBERER L’ENERGIE ABSORBEE (1-5)

 

III – 1 CHANG (2JIN (4) : La technique de la poussée des « Longs Bras ».

L’énergie exprimée est puissante. Les bras sont en extension à  la fin de la poussée. Cette technique comporte cependant deux inconvénients si la poussée n’est pas parfaite : a) Il est facile d’être déséquilibré ou,

b) le partenaire peut utiliser la position des bras tendus à son avantage.

 

III – 2 DUAN (3JIN (4) : La technique de la poussée des « Petits Bras ».

Lorsque l’on exprime l’énergie interne, les mains restent proches du corps, les bras sont pliés. Pourtant l’énergie interne est puissante et laisse le partenaire dans l’incapacité d’échapper à la poussée ou d’absorber l’énergie pour s’enraciner. Il devient alors simple de pousser le partenaire.

 

III – 3 CUN (4JIN (4) : La technique de la poussée « Centimètre ».

Les mains s’avancent très vite vers le partenaire, L’énergie interne est puissante. Il est facile de blesser. Cette technique ne doit être utilisée qu’avec discernement.

 

III – 4 CUO (4JIN (4) : La technique de la poussée chancelante.

C’est la capacité de faire vaciller, balloter le partenaire jusqu’au déséquilibre ; c’est à ce moment qu’il faut libérer la force interne. Ceci est la démonstration de « Tirer et Pousser ; 4 Onces renversent 1000 Livres ».

 

III – 5 DOU (3JIN (4) : La technique de secousse.

C’est la technique utilisée pour ébranler la tirée, la saisie, l’empoignade du partenaire. Pour la réussir, il est nécessaire d’être « à l’écoute » et de réagir rapidement.

 

 



 

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